Examen pratique PPL : comment se passe le test en vol avec l'examinateur ?
Examen pratique PPL : conditions, déroulé du test en vol, sections, tolérances de l'examinateur, échec partiel et repasse, demande de licence.
Publié le 11 octobre 2026·8 min de lecture
En résumé
- Pour te présenter, il faut une formation terminée, la recommandation de ton organisme (ATO ou DTO), un théorique réussi depuis moins de 24 mois et un certificat médical de classe 1 ou 2.
- Le test en vol est divisé en sections : départ, maniabilité, navigation, approche et atterrissage, procédures anormales et d'urgence.
- Repères de tolérance : ± 150 ft en hauteur, ± 10° en cap, ± 15 kt en vitesse (+15/-5 kt au décollage et en approche).
- Une erreur fait échouer toute la section. Une seule section ratée : tu ne repasses que celle-là. Plus d'une : tu repasses tout le test.
- Après la réussite, tu envoies ta demande de licence à la DGAC (DSAC, pôle Licences).
L'examen pratique PPL, aussi appelé test en vol ou skill test, est la dernière marche avant ta licence de pilote privé. Il dure une demi-journée, avec un examinateur qui n'est en principe pas ton instructeur. Bonne nouvelle : rien n'y est caché. Le contenu et les critères sont publiés par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA). Voici comment il se déroule.
Quelles conditions pour passer l'examen pratique PPL ?
Avant de commencer, l'examinateur vérifie un dossier. Le manuel de l'examinateur publié par l'EASA cite notamment :
- une pièce d'identité et un âge d'au moins 17 ans ;
- un certificat médical de classe 1 ou 2 en cours de validité ;
- le théorique PPL(A) réussi depuis moins de 24 mois ;
- ton carnet de vol, avec les minimums d'expérience : 45 heures d'instruction en vol, dont 25 heures en double commande et 10 heures de solo supervisé, avec 5 heures de navigation en solo incluant un vol d'au moins 270 km (150 NM) ;
- la recommandation pour le test en vol et l'attestation de fin de formation de ton ATO ou DTO.
Tu dois aussi avoir été formé sur la même classe ou le même type d'avion que celui du test (règle FCL.235).
Le délai de 24 mois compte : ton théorique reste valable 24 mois à compter de la réussite de la dernière matière pour obtenir ta licence. Le test en vol et la demande de licence doivent donc tenir dans ce délai. Les règles du théorique sont détaillées dans notre guide Examen théorique PPL/LAPL.
Qui est l'examinateur PPL ?
C'est un examinateur de vol avion, FE(A) (flight examiner). En France, ce certificat est délivré par la DGAC à un pilote qui est déjà instructeur (FI). Il est valable 3 ans.
Pour garantir son impartialité, la règle FCL.1005 lui interdit de t'examiner :
- s'il t'a donné plus de 25 % de l'instruction en vol requise ;
- s'il est celui qui t'a recommandé pour le test ;
- dès qu'il estime que son objectivité pourrait être affectée.
En pratique, c'est ton aéroclub ou ton école qui organise l'examen avec un examinateur. Demande-leur la procédure d'inscription et les documents à fournir.
Comment se déroule l'examen pratique PPL ?
Le manuel EASA conseille à l'examinateur de prévoir 90 minutes de vol et environ 3 heures pour l'ensemble de l'examen. Le déroulement de l'examen comprend généralement trois temps.
1. La préparation de la navigation. L'examinateur te communique à l'avance l'itinéraire, en tenant compte de la météo, pour te laisser le temps de préparer la partie navigation. Tu es responsable de la préparation du vol : log de navigation, carte, météo, NOTAM, masse et centrage, performances. Notre méthode pas à pas : Préparer une navigation VFR.
2. Le briefing au sol. L'examinateur présente le déroulé, les minima météo, la façon dont les pannes seront simulées, et les critères de réussite, d'échec et de réussite partielle. Il peut aussi te poser des questions théoriques : réglementation, météo, espaces aériens, systèmes de l'avion, procédures d'urgence.
3. Le vol. En général, l'examinateur occupe la place de l'instructeur et reste commandant de bord. Toi, tu agis comme si tu étais seul à bord : check-lists, décisions, radio. Ta phraséologie compte aussi : révise-la avec notre guide Phraséologie radio VFR.
Quelles sont les sections du test en vol PPL ?
| Section | Ce qui est évalué (exemples) |
|---|---|
| 1. Préparation et départ | Documents, NOTAM, météo, masse et centrage, visite prévol, mise en route, roulage, décollage, radio |
| 2. Maniabilité | Vol en palier avec changements de vitesse, montées, virages à 30° et à 45°, vol aux basses vitesses, décrochages, descentes |
| 3. Navigation | Suivi du log, tenue d'altitude, de cap et de vitesse, révision des heures estimées, déroutement, moyens radio, demi-tour de 180° en IMC simulée |
| 4. Approche et atterrissage | Arrivée sur l'aérodrome, atterrissage de précision ou court, atterrissage sans volets, approche moteur réduit, touch-and-go, remise de gaz |
| 5. Procédures anormales et d'urgence | Panne moteur simulée après décollage, atterrissage forcé et atterrissage de précaution simulés, autres urgences, questions orales |
| 6. Vol asymétrique et éléments propres à l'avion | Surtout pour les multimoteurs (panne d'un moteur simulée) |
La section 5 peut être combinée avec les autres. Pour la navigation, le parcours doit comporter au moins 3 points tournants identifiés, et le manuel EASA attend que tu les atteignes à 3 minutes près de l'heure estimée.
Quelles sont les tolérances de l'examinateur ?
Ce sont des repères, pas des couperets : l'examinateur tient compte de la turbulence et des caractéristiques de l'avion.
| Paramètre | Tolérance en vol normal |
|---|---|
| Hauteur | ± 150 ft |
| Cap ou suivi d'une radiale | ± 10° |
| Vitesse au décollage et en approche | +15 / -5 kt |
| Vitesse dans les autres phases | ± 15 kt |
Sur un bimoteur, avec une panne moteur simulée, les tolérances passent à ± 200 ft et ± 15°. L'examinateur juge aussi la qualité du pilotage : douceur, jugement, maîtrise de l'avion, respect des procédures.
Que se passe-t-il en cas d'échec à l'examen pratique PPL ?
Les règles viennent de FCL.235 :
- l'échec à un seul élément d'une section fait échouer toute la section ;
- si tu échoues à une seule section, tu ne repasses que cette section : c'est la réussite partielle ;
- si tu échoues à plus d'une section, tu échoues à tout le test ;
- lors de la repasse d'une section, un échec dans n'importe quelle section, même déjà réussie, fait échouer tout le test ;
- si tu n'as pas réussi toutes les sections en deux tentatives, une formation complémentaire est obligatoire.
Les textes d'application précisent aussi qu'une manœuvre peut être refaite une fois pendant le test, et qu'il n'y a pas de limite au nombre de tests que tu peux tenter. En cas d'échec, l'examinateur doit écrire les motifs dans son rapport, avec ses recommandations de réentraînement.
Que faire après la réussite du test en vol ?
- Le débriefing. L'examinateur annonce d'abord le résultat, puis revient sur tes points forts et tes axes de progrès.
- Les papiers. Il remplit le compte rendu d'examen en vol et signe ton carnet de vol.
- La demande de licence. Tu envoies à la DGAC (DSAC, pôle Licences) le formulaire de demande de PPL(A) avec : une copie de ta pièce d'identité (le permis de conduire n'est pas accepté), ton certificat théorique valide, l'attestation de formation pratique, le compte rendu de l'examen en vol, ton certificat médical, une attestation sur l'honneur de non-détention d'une autre licence avion dans l'Espace économique européen ou en Suisse, et la redevance prévue. Les pièces déjà remises lors de l'inscription à l'examen pratique n'ont pas à être renvoyées.
Si tu passes le test en français, que tu es de nationalité française et que le français est ta langue maternelle (déclaration sur l'honneur), le formulaire de la DGAC prévoit l'attribution du niveau 6 en français. Sinon, c'est le niveau 4, valable 48 mois. Pour la suite (coûts, durée, choix entre PPL et LAPL), vois notre guide Permis avion : toutes les étapes pour passer ta licence.
Comment bien se préparer ?
- Fais un vol « blanc » avec ton instructeur, dans les conditions du test.
- Révise tes procédures d'urgence à voix haute, au sol.
- Prépare ta navigation comme un vrai vol : l'examinateur évalue aussi ta préparation.
- Garde ton théorique dans le délai de 24 mois : si tu ne l'as pas encore, la préparation au théorique PPL de MyFlyPath couvre les 9 matières.
Sources
- EASA, Flight Examiner Manual, module 2.2 PPL(A) (prérequis, durée, sections, tolérances, navigation, débriefing).
- EASA, Flight Examiner Manual, module PPL(H) (règles de réussite et d'échec par section de FCL.235).
- EASA, Easy Access Rules Part-FCL (FCL.025, FCL.235, FCL.1005).
- Direction de l'aviation civile du Luxembourg, rapport d'épreuve pratique PPL(A) (reprise de l'AMC1 FCL.235 : sections, tolérances, repasse).
- Règlement (UE) n° 1178/2011, texte sur EUR-Lex (FCL.025, FCL.235, FCL.1005).
- FFA, En cas d'échec, quelles sont les règles à connaître ? (validité de 24 mois du théorique).
- DGAC, formulaire 02i-Formlic, demande de PPL(A) (pièces à fournir, compétence linguistique).
- France Compétences, fiche RS5973, examinateur de vol FE.
Les règles et les formulaires évoluent : vérifie la procédure en vigueur auprès de ton organisme de formation, de ton examinateur et de la DGAC avant ton examen.