Carnet de vol numérique : est-il accepté par l'EASA ?
Depuis 2020, l'EASA autorise le carnet de vol électronique hors transport commercial. Conditions, mentions obligatoires et signatures à connaître.
Publié le 10 octobre 2026·5 min de lecture
En résumé
- Tout pilote doit enregistrer tous ses vols de façon fiable (règle FCL.050 du règlement européen Part-FCL).
- Depuis 2020 (décision EASA ED 2020/005/R), le carnet de vol peut être tenu au format électronique pour les vols hors transport aérien commercial.
- Quatre conditions : les données doivent être disponibles rapidement pour l'autorité, complètes, certifiées par le pilote et dans un format accepté par l'autorité.
- Les heures solo comptées comme commandant de bord doivent être contresignées par l'instructeur.
Tu voles déjà avec une application, alors pourquoi garder un carnet papier ? La question revient souvent chez les élèves pilotes. La réponse courte : l'EASA autorise le carnet numérique, à certaines conditions. Voici lesquelles.
Que dit la réglementation européenne sur le carnet de vol ?
La règle de base est FCL.050, dans le règlement (UE) n° 1178/2011 (Part-FCL). Elle impose au pilote d'enregistrer de manière fiable les détails de tous les vols effectués, sous une forme définie par l'autorité.
Une autre règle, FCL.045, ajoute que tu dois présenter ton carnet sans délai si un représentant de l'autorité le demande.
Le règlement ne dit rien du support, papier ou numérique. Le détail est donné par un texte d'application de l'EASA, l'AMC1 FCL.050.
Un carnet de vol électronique est-il autorisé ?
Oui. Jusqu'en 2020, seul le transport aérien commercial pouvait tenir un carnet « informatisé ». Les autres pilotes devaient remplir un carnet papier, à l'encre.
La décision ED 2020/005/R de l'EASA a changé l'AMC1 FCL.050. Pour les vols autres que le transport commercial en avion, hélicoptère et aéronef à sustentation motorisée, le carnet de vol peut être tenu au format électronique. Pour les planeurs et les ballons, il peut prendre « un format adapté, éventuellement électronique ».
À quelles conditions ?
Selon l'AMC1 FCL.050, les enregistrements électroniques doivent :
- être disponibles rapidement à la demande de l'autorité ;
- contenir toutes les informations obligatoires ;
- être certifiés par le pilote ;
- être dans un format accepté par l'autorité compétente.
Comme pour le papier, chaque vol doit être enregistré dès que possible après l'atterrissage.
L'EASA ne fixe pas d'exigence technique précise (signature électronique, sauvegarde, historique des modifications). Chaque autorité nationale décide de ce qu'elle accepte.
Quelles informations faut-il enregistrer pour chaque vol ?
L'AMC1 FCL.050 liste le contenu minimal :
- tes nom et adresse ;
- pour chaque vol :
- le nom du commandant de bord ;
- la date ;
- le lieu et l'heure de départ et d'arrivée ;
- le type d'aéronef (marque, modèle, variante) et son immatriculation ;
- monomoteur ou multimoteur, le cas échéant ;
- le temps de vol total et le temps de vol cumulé ;
- ta fonction à bord : commandant de bord (y compris le solo), copilote, double commande, instructeur ou examinateur ;
- pour chaque séance en simulateur : le type et le numéro de qualification du simulateur, l'instruction reçue, la date, la durée et le temps cumulé.
Quelles signatures restent obligatoires ?
C'est le point le plus important pour un élève pilote. Selon l'AMC1 FCL.050 :
- le temps solo et le temps de vol supervisé ne comptent comme temps de commandant de bord que s'ils sont contresignés par l'instructeur ;
- les examens pratiques et contrôles doivent être contresignés par l'examinateur ;
- la colonne « remarques » doit porter le nom et la signature de l'instructeur pour le vol de prorogation d'une qualification SEP ou TMG, et pour les vols d'expérience récente d'un titulaire du LAPL.
Ton carnet numérique doit donc permettre ces signatures, ou tu dois pouvoir en présenter une version imprimée et signée.
La DGAC accepte-t-elle un carnet de vol numérique ?
Le texte européen s'applique en France. En revanche, nous n'avons trouvé aucune page de la DGAC qui précise quels formats électroniques elle accepte, ni comment présenter un carnet numérique à un examinateur.
En pratique, voici ce que nous te conseillons :
- demande à ton instructeur et à ton examinateur comment ils souhaitent voir tes heures le jour du test en vol ;
- garde la possibilité d'exporter ton carnet en PDF et de l'imprimer ;
- fais contresigner tes heures solo au fur et à mesure, sans attendre la fin de la formation ;
- en cas de doute, pose la question à la DSAC (direction de la sécurité de l'aviation civile) de ta région.
Combien de temps faut-il conserver son carnet de vol ?
FCL.050 et l'AMC1 FCL.050 ne fixent pas de durée de conservation pour le carnet du pilote. Ton expérience de vol sert pourtant toute ta vie de pilote : heures pour une nouvelle qualification, expérience récente, preuve de tes heures pour une licence professionnelle. Garde tes enregistrements, et une sauvegarde.
Et le LogBook MyFlyPath ?
Le LogBook MyFlyPath enregistre tes vols avec les informations prévues par l'AMC1 FCL.050, calcule tes totaux et exporte un PDF au format EASA (FCL.050). Tu peux ainsi le présenter à ton instructeur ou à ton examinateur, et le faire signer. Comme pour tout carnet numérique, vérifie avec ton instructeur ou ton club qu'il l'accepte comme carnet principal avant d'abandonner le papier.
Sources
- Règlement (UE) n° 1178/2011, Part-FCL, FCL.045 et FCL.050.
- EASA, décision ED 2020/005/R, note explicative (carnet de vol électronique).
- EASA, AMC et GM de la Part-FCL (AMC1 FCL.050 : contenu et signatures).
Cet article reflète les textes consultés en octobre 2026. Ton instructeur et la DSAC restent les meilleurs interlocuteurs pour ton cas personnel.